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Pour l’herbe d’automne c’est cuit !

Semaine 39 - Les précipitations des 22 et 23 septembre ont arrosé la Normandie de manière assez Inégale. Une moyenne d’environ 20 mn et des écarts allant de presque 0 dans l’Eure à plus de 50 mn localement dans le Cotentin.

S’en est suivi des températures assez élevées en journée avec souvent plus de 20 °C. Néanmoins la fraicheur des nuits et le raccourcissement des jours ont empêché une réelle reprise de la croissance de l’herbe.

Les stocks d’herbe fondent

Conséquence immédiate : les stocks d’herbe disponibles fondent. Sans distribution de fourrages conservés, l’herbe présente permettrait de nourrir le troupeau 4 jours en moyenne sur les sites mesurés. Ainsi tous les éleveurs du réseau augmentent la distribution à l’auge pour atteindre en moyenne 2/3 des besoins d’ingestion. A noter que plusieurs sites ne sont plus mesurés du fait du manque d’herbe et que les éleveurs concernés sont assurément en ration d’hiver depuis le début d’été.

Actuellement seuls les systèmes agrandis ayant plus de 45 ares /VL peuvent tirer un léger profit de l’herbe par pâturage.

Faire le point et compenser

Face à ce constat, il s’agit d’adapter le pâturage et  d’éviter l’accès des animaux dans des parcelles en cours de "repousse" ou sans herbe. La rotation des parcelles doit s’accélérer tout en évitant des situations de surpâturage (soit moins de 5cm) et ce afin d’éviter une dégradation de la flore prairiale. Dans une situation extrême il est envisageable de sacrifier une parcelle "parking" avec accès au bâtiment pour la distribution de fourrage. Les animaux restent dehors et le temps de séjour sur des parcelles "pâturables" est limité évitant ainsi le surpâturage. En ce début octobre, les parcelles en repousse n’avaient que 6 cm d’herbe en moyenne.

Par ailleurs, vous êtes nombreux à avoir entamé gracieusement les stocks fourragers. Si l’hiver devrait bien se passer le déficit risque de se faire sentir la saison prochaine et notamment l’été prochain. Suivant votre bilan fourrager il peut être utile voire indispensable de penser aux dérobées fourragères. Derrière le maïs les mélanges protéagineux /céréales ou méteils sont tout indiqués et vous permettent une récolte d’environ 5TMS/ha début mai en limitant l’impact sur le maïs en comparaison du ray grass d’Italie. La productivité globale de vos surfaces s’en trouvera améliorée et vous aborderez plus sereinement les éventuels nouveaux épisodes de sécheresse.

Bien que cette saison nous le ferait bien oublier  la Normandie reste terre de prairie !

Temoignage

GAEC du VASTEL à Morville (50)

Sur notre exploitation du Nord Cotentin l’année de pâturage a été  assez atypique. Les stocks d’herbe au mois d’avril étaient déjà conséquents avec plus de 600 kg MS/VL . En pleine transition alimentaire des vaches  nous avons fait le choix de faucher 14 ha en deux fois début et mi mai pour créer un décalage de repousse nouspermettant de mieux gérer le pâturage tournant. C’était sans penser que la croissance plafonnerait à 50 kg MS/ha/jour en mai. La distribution d’ensilage maïs et herbe n’a jamais été inférieure à 5 kg de MS. Toutefois la quantité et la qualité de nos fourrages et notamment l’ensilage d’herbe nous a permis de maintenir la production laitière à 21kg de lait au printemps.


Fabien OLIVIER - Chambre d’agriculture de Normandie

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