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Agrifaune

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Pour une agriculture résolument moderne

Devant la volonté de faire face aux enjeux de conservation de la biodiversité, il faut réinventer les interactions qui étaient auparavant naturelles entre chasseurs et agriculteurs. C’est pour cette raison qu’est né le réseau Agrifaune. Créé en 2006, il est composé de l’APCA (Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture), la FNC (Fédération Nationale des Chasseurs), la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats et Exploitants Agricoles) et l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage).

Ce réseau rassemble donc les acteurs des mondes agricole et cynégétique dans un même but visant le développement de pratiques agricoles conciliant économie, agronomie, environnement et faune sauvage. Programme national, Agrifaune se déploie sur l’ensemble du territoire métropolitain.

Dans le département du Calvados

La Fédération des Chasseurs du Calvados a entrepris depuis plusieurs années un partenariat avec le concours de l’ONCFS, des différents établissements d’enseignement agricole du département et de la Chambre d’agriculture. L’objectif est de sensibiliser les futurs agriculteurs à la protection de la biodiversité à la fois pour lutter contre les ravageurs des cultures, mais aussi pour favoriser la petite faune.

Comptages de carabes au Lycée Agricole Le Robillard

Source : Illuksi - WikipediaL’implantation des bandes mellifères permet un réel accroissement du nombre de carabes et de syrphes qui aident à lutter contre limaces et pucerons. Stéphanie BLOT, responsable des élèves de BTS Agronomie et Productions Végétales au lycée agricole Le Robillard, à Saint Pierre sur Dives, a mis en place un programme de comptages du nombre de carabes, en collaboration avec des agriculteurs volontaires, pour évaluer l’impact des techniques agricoles sur leurs populations.

"Depuis 3 années, nous nous sommes investis dans le programme Agrifaune. Avec plusieurs exploitants, nous installons des pièges (un pot avec une solution à base d’eau, de sel et parfois de liquide vaisselle), dans leurs parcelles et sur l’exploitation du lycée, sur plusieurs lignes et à différentes distances des bandes mellifères et dans les parcelles dotées d’intercultures. Nous relevons régulièrement les pièges et comptabilisons le nombre de carabes qui s’y trouvent, à quelle distance des bandes et dans quel type de culture ils sont plus nombreux. Ainsi, nous avons pu constater que sur les parcelles où sont implantées intercultures ou bandes mellifères, les populations de carabes augmentent et le besoin en intrants diminue. L’évolution du nombre des carabes sur ces parcelles ainsi que le nombre d’insectes pollinisateurs sont en très nette augmentation".

Et les bénéfices de ces intercultures ne sont pas négligeables :

  • au niveau environnemental, elles offrent une meilleure protection de l’eau par la réduction des intrants et lutte contre l’érosion des sols,
  • au niveau agronomique, une amélioration des propriétés du sol, de sa vie biologique, le maintien de sa fertilité et des effets positifs sur la culture suivante,
  • du point de vue écologique, par la stimulation de la faune du sol et de sa flore microbienne, ces intercultures favorisent l’alimentation de la faune terrestre,
  • enfin, le bénéfices économiques pour les agriculteurs sont une meilleure fertilité du sol, une réduction des apports en intrants et donc des coûts de production.

Implantation de plantes mellifères à Potigny

Autre initiative des plus intéressantes pour la faune et le travail des sols, les bandes mellifères. Bruno SOENEN exploitant sur la commune de Potigny s’est engagé dans une démarche agro-environnementale depuis plus de 20 ans. Arrêt du labour, limitation des intrants et implantation de bandes mellifères n’ont presque plus de secret pour lui.

"J’ai installé plusieurs bandes mellifères entre chacune de mes parcelles : elles sont essentielles pour les insectes pollinisateurs et profitent à tout le reste de la faune des champs. Elles ont plusieurs avantages :

  • zone de reproduction des carabes et des syrphes qui sont les principaux prédateurs des limaces et des pucerons, avec les coccinelles bien sûr,
  • zones de nourrissage pour le petit et le grand gibier,
  • zones d’abris naturels pour la faune au sens large. En effet, ces bandes ont un couvert assez dense et permettent à certaines espèces de carabes de venir y passer l’hiver à l’abri avant de repartir au printemps. Ce sont de véritables refuges : pour exemple, dans une bande mellifère, il y a 14 fois plus d’insectes pollinisateurs que dans une bordure de chemin.

Je ne pratique plus le labour, il faut savoir que lors de cette phase, on détruit 30 à 40 % des populations de carabes. Contrairement à une jachère fleurie, une bande mellifère va beaucoup plus attirer les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Elles entrent dans les Surfaces d’Intérêt Ecologique (SIE), déclarées dans le cadre de la PAC. Elles ne font pas baisser les rendements agricoles et permettent de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, donc de baisser les coûts de production.

Le seul bémol à ce jour reste les dates d’implantation des jachères qui ne sont absolument pas adaptées aux réalités du terrain. En effet, elles interviennent bien trop tôt en saison, en mai, et ne permettent pas d’avoir de fleurs en juillet, août et septembre, au moment où les insectes en ont le plus besoin. Il faudrait pouvoir les implanter à la fin du mois de juin pour garantir un meilleur étalement de la floraison."

Expérimentation des barres d’effarouchement à Sassy

Vincent BARBOT est agriculteur à Sassy, son exploitation de 170 ha se compose essentiellement de cultures avec une partie en prairies. Il utilise une barre d’effarouchement lors de la fenaison depuis l’été 2016.

"Lors de la période des foins, nous constations toujours le même problème : nombre d’animaux étaient tués pendant la fauche. Avec mes amis agriculteurs, nous avons pris conscience du problème. Nous avons donc décidé, dans le cadre de la CUMA, de nous équiper d’une barre d’effarouchement. Après dépôt d’un dossier auprès de la Fédération Des Chasseurs 14, cette dernière nous a octroyé une subvention de 50 % pour l’achat de cet équipement. Plusieurs adhérents l’utilisent aujourd’hui lors des fauches de juin et le broyage des jachères. Nous l’avons seulement depuis l’année dernière, cela fait peu de recul mais nous avons constaté une bonne efficacité. Nous avons réduit la vitesse à moins de 8 km/h et travaillons en détourant la parcelle puis en fauchant du milieu vers l’extérieur. Ainsi, le gibier peut s’enfuir sans être prisonnier de la dernière bande. J’ai personnellement sauvé plusieurs chevrillards, des lièvres ainsi que des petits perdreaux.

La vitesse réduite nous permet de brûler moins de carburant, de préserver notre matériel et d’obtenir un travail plus propre. D’autres adhérents commencent à s’intéresser à ce système qui est utile à plusieurs égards. Chasseur ou non, nous avons grandi dans les champs en voyant le gibier y vivre, cela fait toujours quelque chose quand il n’y en a plus."

A la Chambre d’agriculture, formations et groupes sur la biodiversité se multiplient

Le groupe "Agriculture Sol Vivant" s’est constitué autour de la volonté de ses membres de se préoccuper de la vie de leur sol et de mettre en oeuvre les principes relevant de l’agriculture de conservation. En partenariat avec la FDC14, AGRIAL ou encore la Fédération des CUMA, des thématiques variées sont abordées. Dans le même temps, les formations consacrées aux techniques alternatives, au sol, à la prise en compte des auxiliaires des cultures, etc., se développent et confirment un intérêt grandissant sur ces thématiques.

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Contactez notre antenne Plaine au 02 31 53 55 00.

 Article reproduit avec l’aimable autorisation de la Fédération des Chasseurs


Sensibiliser les générations futures

En mai 2010, la Fédération Départementale des Chasseurs, la Chambre d’agriculture, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et les lycées agricoles de Vire et du Robillard ont lancé un programme commun dont l’objectif est de sensibiliser les futurs agriculteurs du département aux pratiques et aménagements favorables à la faune sauvage.

L’IREO (Institut Rural d’Education et d’Orientation) de Maltot a rejoint le programme Agrifaune en 2011 séduit par cette opportunité d’appuyer sa démarche pédagogique sur des fermes grandeur nature et d’être accompagné par des techniciens et conseillers spécialisés.

Situées dans des environnements différents (plaine pour les uns, bocage pour les autres) et présentant des profils « technico-économiques » variés, 6 exploitations agricoles participent au programme et servent de support pédagogique.

AgriFaune Calvados, sensibiliser les futurs agriculteurs à la préservation de la faune sauvage

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Stéphane BERZINGER

Directeur technique - Responsable du Pôle Territoires

Tél : 02 31 70 25 35